le blog elevergois
Il nous reste de toi le souvenir d'une voix douce et voilée, son d'une sorte de rivière couverte de brumes.Voix charmante, voix émouvante qui circule à présent autour de moi comme un encens léger, je perçois cette eau claire qui roucoule sur les pierres qui déchirent et divisent son éclat soyeux. J'ai le bien précieux, le talisman de ta voix que je garderai sans le partager avec quiconque, et cette voix aux sautillements de tons graves et soudain devenue cantilène de fée, je l'imagine à présent partie chercher une patrie de rêve où puisse, sans cesser, trouver ta vie une vie plus vraie que celle-ci, trouver une forme idéale. Et dans le vent des arbres, dans les nuances infiniment délicates de « ces rochers qui parlent » comme tu m'avais dit, « parce que tout parle », j'imagine à présent, à jamais, pour toujours, que tu es devenue l'essence inexprimable humainement, de ce qui est emprisonné ici-bas, et qui réclame la liberté absolue –. Peut-être et surtout, un jour prochain qui sera répété, devant cette Lagune que nous aimons tant , devant le golfe bien connu où mourut Shelley, et qui nous aime peut-être un peu, et partout ailleurs, je crois, nous aurons le reflet doux, douloureux du souvenir ressurgi, et la mélancolie de n'avoir pas assez parlé dans la langue des poètes qui font tout revivre. Et nous dirons à ces lieux élus où fatalement tu te trouveras : reviens un instant nous écouter encore, reviens partager sous nos yeux la jolie lumière qui éclairait ton visage et ta personnalité "espagnole" comme eût dit Stendhal--et peut-être alors les vagues ou les grèves, ou les oiseaux et tout ce qui fut créé pour que tu le protèges avec une douceur, une attention et une sollicitude sans égale, sauront chanter comme chantait ta voix qui chantait comme l'eau soyeuse se déchirant sur les galets, avec ce torrent d'énergie et de volonté indomptée, qu'en maîtresse de certaines puissances du monde, tu as, sans suivre rien d'autre que la fuite de ces douleurs qu'il fallait à tout prix finir, cesser de faire couler en toi. L'écho de ce torrent brûle à présent nous.
A toi donc éternellement.
Eric et Valérie. - le 23 février 2010 -
merci à mes quatre lecteurs de n'avoir aucune réaction à ce message-prière que je tends inutilement comme une main inutile au-dessus de l'abîme, en cherchant à
tout hasard, " l'écho de la voix chère qui s'est tue" - elevergois -