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                       LA VIE ANTERIEURE
 


    J'ai longtemps habité sous de vastes portiques
    Que les soleils marins teignaient de mille feux,
    Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
    Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.
   
    Les houles, en roulant les images des cieux,
    Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
    Les tout-puissants accords de leur riche musique
    Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.
   
    C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
    Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs
    Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,
   
    Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
    Et dont l'unique soin était d'approfondir
    Le secret douloureux qui me faisait languir.

                                                           Charles Baudelaire



Un des secrets douloureux que j'ai voulu éclairer à force d'entendre certains poèmes de Baudelaire sonner  en moi comme des cloches, comme un tocsin, interminablement, se trouve sans doute dans la résonance magique qui règne entre les mots de certains poèmes comme une sorte de fil magnétique qui excite la pensée de l'un à l'autre, et leur donne grâce à leur proximité une sorte de parenté curieuse. Il ne s'agit naturellement pas de musique, mais d'un écho profond d'une sorte de marche lente dans les airs, une force surnaturelle qui unit l'ensemble de chaque vers, puis fait remonter l'attention comme une ivresse qui se souvient  -- magie, eh oui, elle est bien là, la "sorcellerie évocatoire"!! -- (To whom it may concern )- elevergois -
Lun 31 aoû 2009 Aucun commentaire