Devant le lac, ce fut toujours comme une extase privée, personnelle, et qui cependant attirait à elle les promesses du monde, et divisait les heures en petits cercles comme après qu'une pierre a frappé l'eau. Le monde n' était pas autour de moi mais il jaillissait de mon corps tel une source, un flot d'amour insensé pour la vie en gerbe d'eau miroitante et disséminée, éclatante de soleil. Est-ce que le monde des bords de ce lac chante, est-ce qu'il chante pour moi un cantique spécial, une sorte de musique poétique permanente et murmurée en toute chose? J'ai de la peine à répondre à cette question un peu trop lyrique, mais ce qui est certain c'est que les villas du bord de l'eau, si remarquablement acccordées à un monde ancien où j'eusse aimé vivre, avec leurs immenses sapins d'un vert léger de sauge rempli de soleil brûlant, me remplissaient d'un bonheur immense. Aucune ville antique n'avait été construite ici pour pouvoir en déconstruire les ruines et en extraire les messages secrets, mais en foulant ce sol, on en faisait sortir comme le pollen d'un bonheur où le plus grand désir qui fût au monde était de rester là, immobile en soi-même, à respirer cette étrange énergie qui à son tour déployait celle de tous les sens d'un être émerveillé. Et c'est au bord de ce lac si magique que j'ai grandi.
elevergois -- pensée du matin envoyée l'éditeur et ami Al...ba (Turin et environs) donc droits déjà pris d'avance en attendant les vrais textes un peu comme
celui-ci --droits protégés sur les bords des lacs italiens comme ailleurs , of course -