Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 09:33

 L'INSTANT D'UN RETOUR A LA LITTERATURE             

 

 

 

C'est fou combien cette passe d' armes autour d'Albert Camus, ce charavari qui nécessairement nous a fait rouvrir bien des livres vrais, nous a remis en Sa présence. La présence de quoi? Mais la Littérature avec un grand L, celle que la vie attrape au collet avec violence, celle d'un style infusé de soleil, d'acier et de conscience sourde, comme si l'on se remettait à contempler un instrument de musique ou de combats de légende arthurienne qui n'a pas servi depuis longtemps. Pour un temps qui sera sans doute très bref, nous voilà de nouveau confrontés à de la pensée pure, à sa densité charnelle, vécue et soufferte, et devant des combats de toute une vie. Revoici paraître les anciens commentaires, les vieilles passions des pro et anti totalitaires, mais on a entendu au fond de soi, tout à coup, un bruit de la pensée – vous savez, non pas ce déballage de n'importe quoi ridiculissime sur la déconstruction structuralo-linguistique, qui nous semblé à nouveau un verbiage infantilisant, ni la transdisciplinarité et autres concepts mort-nés des temps qui se veulent « modernes » et déconstruisent aussi la jeunesse, non, tout à coup il y a eu devant nous des hommes qui pensent. On ne peut pas s'y tromper, cela résonne à l'intérieur de vous, avec le sens aigus des obstacles: la pauvreté de l'enfance de Camus, pas extrème mais épuisante, difficile à porter; le soleil éblouissant de la vérité de la vie qui le soutien, l'Algérie comme un bonheur lumineux de beauté et d'entente à jamais perdues, l'amitié profonde et indissoluble avec le peuple algérien, et enfin, un homme qui cesse d'écrire parce qu'il a compris que les passions destructrices n'on pas besoin qu'on jette de l'encre sur le feu d'une guerre qui par bien des côtés est une guerre entre des gens qui auraient pu s'aimer. Cela veut dire que tous les marchands de bricoles et d'amulettes de nos temps de marchandise, sont infimes, ridicules, veules, et laids et inutiles. Et que nous sommes peut-être lentement asservis par la bêtise: bêtise des bêtisiers, bêtise des « héroiques » exploits sportifs qui à force de se répéter ne signifient rien, bêtise du spectacle télévisuel, bêtise de tous autant qu'ils sont – parce qu'ils ne savent même plus combien ils sont sots. Pendant des heures on a senti le souffle de la littérature qui existe seule, sublime, solaire! Qu'est-ce que c'est ? Une divinité, une forme d'art militante ou de sacrifice total qui se pratique la plume en main, vaillante, qui se bat et se débat au coeur des problèmes, un art de génie tombé des temps les plus anciens.C'est en tout cas la seule manière, pour les plus grands, d'être sérieusement accordé au monde, et pour que le monde fonctionne après eux en respectant les dons miraculeux de leur pensée, tout en faisant de nous des hommes respectueux, et respectables. Panthéon ou pas, il faut que l'on célèbre Albert Camus – et qu'on lise son testament d'homme libre, sa vérité d'homme profondément déchiré et héroïquement HOMME, qui est éternel.

 


elevergois - tous droits réservés - il y aurait d'autres choses à dire dans le style :


"Monsieur le Directeur, on ne décide pas de la vérité d'une pensée selon qu'elle est à droite ou à gauche, et encore moins de ce que la droite ou la gauche décide d'en faire." Albert Camus.


Réponse à l'éreintage de son livre L'HOMME REVOLTE, par  les sartreux qui le méprisaient.

Par elevergois
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