Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /2009 19:25

cet article  a paru dans le Monde des Abonnés en mars, en référence au délicat pb des parachutes très osés qu'utilisent archanges et séraphins, et autres dirigeants puissants; seulement le Père Hugo veillait et il osa ce qui suit:

 

ET LEX FACTA EST

(elevergois.com) humour, presse, edition

 


Hier au soir un tartuffe un peu industriel
Disait, parachuté, comblé des dons du Ciel:

"Il faut pour être sûr qu'ici bas l'on existe,
Des forfaits les plus fins s'établir une liste,
Et quand on a commis tout le faux, tout l'injuste,
A quelque grand de l'art se commander un buste!

Voyez dans mes yeux las comme crie la douleur,
Et comme est exprimé avec quelle chaleur,
Sur mon front parcouru des plus hautes vertus
Ce que je fis de mal, et tout ce que j'ai tu.

C'est une vie de saint, aux dehors un peu tristes
Que montrent sur ma peau ces reflets un peu bistres;
J'ai souffert, croyez-le, toutes ces fins de mois,
Les sinistres hivers, les chagrins, les émois

De tous ces gens de peu qui se lèvent matin
Pour aller au travail gagner leur bout de pain.
Surtout ne dites pas qu'à la place où je siège,
Je suis l'ordonnateur unique du manège!

Je me bats comme un lion, je résiste, je lutte,
Même si quelquefois j'ai poussé vers sa chute
L'usine et ses trésors, l'ardeur, la compétence,
De qui peinait chez moi comme on fait pénitence.

Je guettais, surveillais la plus petite erreur,
Poussant tous au travail y compris mon chauffeur,
Qui peiné de me voir chaque jour soucieux
Me disait le journal d'un ton obséquieux.

Le monde est divisé en deux ordres, je crois
Ceux qui mangent à leur faim, ceux qui n'ont jamais froid,
Qui avancent toujours et  serrent mille mains
Et puis quand tout finit sont empereurs romains.

Que sont sans nous les autres, ces laboureurs de vie
Qui mécontents de tout, pleins de haine et et d'envie,
Font retentir de cris les cortèges hurlants
Docteurs pour dénoncer, et même pas savants?

Et ces jeunots targués du nom d'étudiants
Impies, écervelés, qui vont balbutiant
Récitant dans les rues en se moquant du glaive
Les oripeaux puants des princesses de Clèves!"

En entendant ces mots dits comme un Gédéon,
Hugo en grand courroux sortit du Panthéon,
Et volant loin au ciel, la main sur sa faucille,
Du parachute d'or, tel Eschyle qui sourcille
Il vous coupa les fils puissant comme un tonnerre
Et le financier alla rouler par terre!

V.H. (Petites Légendes du Siècle)

 

 

elevergois.com  bien sûr à prendre avec une certaine dose d'humour mais le texte ne devrait pas décevoir les connaisseurs aimant bien prendre la lance de la poésie pour se battre, sans vouloir agresser quiconque, naturellement.




Par elevergois
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