Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 09:15

 

   

    RARE RENCONTRE AVEC LA PEINTURE BRESILIENNE A PARIS



 

Les peintres découvreurs de mondes surnaturels sont les éclaireurs de ce temps, ce sont eux qui donnent d'emblée un sens puissant au monde, et quand leur puissance impose d'emblée une effervescence de couleur d'un lysrisme intense, notre vision de la terre peut reprendre et repuiser aux sources des timbres, des formes – au bénéfice d'un surgissement total, un ouragan de jouvence traversée d'éclairs sous l'apparence de la partition, du solfège imposé qui est le sceau de leur école. L'extraordinaire rétrospective que nous offre, dans les salles d'expositions de l'Unesco à Paris, en une petite cinquantaine de toiles, l'itinéraire d'Antonio Bandeira – peintre Brésilien originaire de  Fortaleza disparu en 1967 – partage avec la sérénité, la beauté, l'émotion des choses de la vie, ce mystère d'offrande décidée et nette qui alerte et réveille en nous un goût  pour se replacer au coeur d'une connaissance, d'un envol visonnaire où règne un vrai artiste.



L'époque où peignit Antonio Bandeira à Paris, a pour nom, pour enseigne lumineuse, l' «Abstraction Lyrique » des années Cinquante-Soixante. Mais le peintre dont chaque toile est comme un violent dialogue avec les sujets traités, comme le résultat d'un feu de l'imagination (on reste stupéfait par l'ardente transfiguration tonale de ses bleus ou ses rouges), bouleverse le genre : il y a dans cette exposition un arbre bleu célébrant le printemps où l'artiste a cédé à l'ivresse d'une pluie de pétales blancs, que le regard traverse avec une joie rare, la découverte méditée et traversée d'un ton de bleu, d'outre-bleu qui s'abstrait dans son essence tandis que ces pétales dansent et dansent comme un jet diamenté d'ailes de papillons, tout occupés à exercer leur recherche. Leur apparente et délicieuse errance qui agit sans cesse, relève la mesure puissante d'un art de conquête. Et c'est ce qui nous subjuge dans l'oeuvre de cet artiste d'une finesse d'approche longuement pensée, l'approche d'un irréel abstrait (morcelé, découpé, réduit à un langage intime cloisonné mais intense) qui donne au réel une réalité qui ne lui est pas contraire mais se veut une école de vie.


La commissaire de l'exposition, Vera Novis, auteur d'une monographie sul l'artiste (1) qui nous présente l'artiste parisien-brésilien avec une documentation finement détaillée et sans faille, retrace le parcours de ce contemporain des Wols (qui fut l'ami et l'inspirateur fraternel du peintre), Hartung et autres Atlan, artiste déjà reconnu dans les années 1950 pour ses « échafaudages de rêve » (Pierre Descargues), présence agissante au sein de l'Ecole de Paris et aussi sous d'autres cieux qui sont sa terre de soleil, car il avait exposé à la Première Biennale de Sao Paulo, puis à Rio ou à Fortaleza, dans un échange de ressourcement entre l'inspiration qui lui vient du Brésil, et celle qu'il mûrit et cultive à Paris.


Bandeira, prophète d'un surgissement « brésilien » qui universalise son espace, bouleverse et décloisonne les codes de l'école abstraite, trop obéissante à son code géométrique. C'est un conquérant d'univers, et s'il expose à côté d'Alechinsky, Arpr, Bruyen, Ernst, Fautrier, il ouvre une scène d'une sorte de peinture du monde car le coeur de son approche puise à une énergie qui se nourrit formellement de sa force sans cesse en mouvement. Traversière, elle possède le don d'approche qui donne des toiles pleines, démesurées d'intensité sous le langage travaillé de l'espace -- ses oeuvres aèrent et débordent les principes contraignants de l'école, s'expriment et surtout excèdent l'espace imparti juqu'à l'intense et cosmique alliage de techniques mixtes et aérées qui aboutisent à une oeuvre comme A Grande Cidade – la Grande Ville, les Arbres, La Grande Ville II, vers le tournant des années Cinquante-Soixante. A partir de là, un nouveau lyrisme maîtrisé atteint à des toiles qui paraissent des révélations pures de paysages urbains célestes. Naissent alors de grands éclatements mêlant et dépassant les techniques du temps, (La Ville illuminée en bleu (1962), la Ville Bleue (1958), puis un fabuleux ensemble rythmique intitulé  « Sans titre » lui aussi plein de fonds bleus, percés de madrépodes, comètes en vol, striures griffées de coraux argentés, qu'on imagine saisi au travers d'un téléscope chargé que conquérir des mondes, la toile tirant de la vie ce qui irrigue l'art et s'y replonge avec une instensité surnaturelle – et dès lors, un grand et incontestable succès accompagnera désormais l'artiste internationalement, l'un des dix plus grands peintres brésiliens de tous les temps


Grâce aux efforts des collectionneurs privés, aux autorités de l'Unesco, à l'Ambassade du Brésil, et à l'impulsion donnée par J-P Persin, l'animateur historique du salon « grands et jeunes », l'exposition nous convie à un bain de création sans cesse renouvelée qu'il serait maladroit pour tout amoureux de la peinture de rater comme on rate un concert essentiel où a lieu une révélation. Il faut venir rencontrer le lyrisme d'Antonio Bandeira, un des rares peintres hantés par des mondes formels innombrables, dont la déclinaison contient deux conditions esentielles à la peinture: explorer un monde original puissant, le dépasser pour offrir un message de grande ampleur pour le futur.

 

 

ERIC LEVERGEOIS - (elevergois)

 

http://abonnes.lemonde.fr/opinions/chronique/2010/04/06/giono-notre-homere_1328704_3232.html -(jean giono)

  

 

Du 30 mars au 29 avril dans les salles Juan Miro de l'Unesco à paris – rue de Fontenoy, paris 75007 – 01 45 68 05 16 – entrée libre. (1) Antonio Bandeira – um raro. Salamandra Rio de Janeiro – 1996 – (NB - il existe aussi à présent de nombreuses références sur la Toile d'Araignée Mondiale) - (les fôtes seront corrrigées plus tard...)   

 

LIENS:

 

http://www.artistikrezo.com/actualites/Art/antonio-bandeira-maison-de-lunesco.html


http://opovo.uol.com.br/opovo/vidaearte/965264.html



Par elevergois
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