Samedi 4 juillet 2009
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Gloire et salut en l'immortalité au magnifique orchestrateur de nuances et de couleurs vibrantes, effilées ou éclatant comme des vagues hautes et belles de
l'océan, que fut Ravel! A écouter pour la millième fois le récit chanté par la flûte de Ma Mère L'Oye,
quelle joie d'avancer à pas légers dans le ciel, quel bouquet de rayons de soleil, quel jaillissement de fontaines qui soudain
parlent! Ce n'est pas le ciel accordé, c'est bien plus, bien plus, un paradis de contrastes berçant le coeur d'un enfant, un murmure aimant de "bonne nuit" à tous les insomnieux qui se
réveilleront sous la forme d'une fleur, un calice ajouté au monde, ou bien si embarrassés d'aimer qu'ils hésiteront entre redevenir hommes ou rester
vaisseau de joie bercé par la mer! Quelle extase devant la vie! Envolé tout à coup le poids des tristesses, et perdu dans tous les alizés nouveaux le chagrin d'un regret qui
valut la beauté d'un rêve et d'une larme! Suivre tout simplement la magnifique tornade des prières si hautes de Daphnis, l'accompagner dans son écume en vol, dans ses embruns de choeur final où toutes les voix sorties des eaux marines sourient d'un sourire de fée! C'est rendre la vie si belle, si
accordée aux caresses des violons dansant comme autant de palmes douces rafraichissant l'air; c'est le matin de tous les autres matins espérés soudain luisant sur une baie fragile à la rumeur de
colombe! O bonheur plus grand que tous les autres, muant sans cesse dans la voix heureuse d'une aimée qui nous hantait, enfin trouvée, saluée, dans une étreinte pour toujours! Et que dire du
grondement éparpillé du concerto pour la main gauche qui s'enveloppe de son jazz final, accordé comme la brume d'une nuit versant d'un coup toutes ses étoiles, en averse, en récompense de tous
les serments faits au cieux rougissants, dans l'attente réelle de l'instant rétrouvé où la joie illumine un autre monde enfin trésor, enfin désordre furieux d'aimer! Ame du piano dont chaque parcelle comme un sable d'argent
devient la volonté caressante de lumières neuves et belles! Ravel est un astre tombé d'ailleurs posant sur tout les mystères une rosée bleue recréant les
pétales des fleurs et l'ivresse d'un baiser qui se partage en mille rivières nous reliant au ciel. C'est "la mer en allée" qui toujours revient briller dans
la pupille adorée du grand large; que de rêveries dans cette musique filée
par des insectes en livrée de carnaval qui discutent des paradis d'Alice en haut des collines, en filant des tissus d'aile de papillon, et des soies et des broderies pour le murmure incessant des roseaux courbés
dans la tiédeur du matin. Oui, vraiment, gloire sainte et bonheur immortel pour toi, Ravel, musicien de toutes les pensées de joie, homme et magicien qui saura à tout jamais réveler, d'un infime
bruit, le charme reculé des songes, et toujours, toujours, pour les plus riches et les plus miséreux, réenchanter, oui, tant de fois, réenchanter la vie!!!
elevergois -- à tous ceux qui m'ont ouvert le paradis de leurs demeures enchantées -- amis et parents de valérie, personnages et apparitions de rêve sortis des pages de Proust ou de Colette -- ceux que j'aime d'un
amour dont la meilleure part appartient par magie à cette musique, je dédie ce texte du matin et
l'envoie à tous -- soyez joyeux, vite, vite, soyez joyeux et n'attendez pas! - (tous droits protégés par Me Noual -- texte envoyé et sécurisé ce jour -- juillet 2009 --