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Né au début des années cinquante d’un père normand et d’une mère italienne originaire d’un village situé sur la rive piémontaise du Lac Majeur – paysage qui a modelé sa sensibilité -- Eric Levergeois a toujours oscillé, transporté par ses émotions esthétiques, entre les cultures italienne et française. Le cataclysme de sa vie d’adolescent est la lecture d’un volume de Proust laissé par hasard sur sa table : dès ce moment, c’est décidé, il vivra coûte que coûte pour les arts et la littérature et, pour utiliser un trait stendhalien, il sait qu’il aimera toujours le génie . Il s’échappe (ou réchappe) des études de lettres et du couperet linguistico-structural pour rejoindre des rédactions où il écrit sur Pound, Ungaretti, Baudelaire ou Jouve, et suit des cours d’histoire de l’art. Le second cataclysme est sa première visite de Florence. Lecteur pour plusieurs éditeurs, il donne des traductions de l’italien, devient " talent scout " pour l’éditeur Mazarine (les anciennes éditions, jadis rue de Nesle) et un de ses projets connaîtra même un passage à Apostrophes. Il pratique ensuite le journalisme grand public, tout en piochant sur d’autres sujets de littérature classique, notamment un projet en deux volumes de Gautier dans la collection Bouquins – pas terminé selon ses vœux. " Auteur de projets " infatigable, organisateur, acheteur de droits d’ouvrages étrangers en free-lance, critique de photographie et d’art, il rencontre André Kertez, Jacques Henri Lartigue, correspond avec Roland Barthes, obtient des entrevues personnelles à la suite d’articles " impersonnels ". En 2000 l’article de Julien Gracq " je n’ai plus de confrères " paru dans " Le Monde " le désespère. Il travaille à un nouveau texte, mais il n’en sort que de belles suites de pages très esthétisantes, mais hélas, point de récit ! Répondant à la suggestion " d’écrire seulement des fragments ", il compose cette espèce de musique de chambre pour littérature, ces " préludes ", pour célébrer le charme du vieux manoir vieillissant que possèdent ses beaux-parents, entre le pays de Ronsard et le pays de Racan, près de la Loire et de la Grange de Meslay, qu’il intitule :Un manoir en Touraine. Dans la vie civile et pour le quotidien, Eric Levergeois est professeur à l’Alliance Française de Paris depuis 1990.
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