Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 21:48
J'ai encore cédé à une de ces rituelles enquêtes pour savoir ce que je pensais des mérites comparés de Linux, et autres aussi je dépose ici cette formule que m'est venue toute vive et qui a sauté toute fraîche du clavier:


LINUX, C'EST LE LUXE D'ETRE LIBRE A COTE DE  
   
         L'OBEISSANCE DE CEUX QUI PAIENT





                               (ça peut changer un jour mais profitons-en pendant que c'est comme ça)




 
DONC VOUS POUVEZ TOUS UTILISER ET REUTILISER CETTE FORMULE EN DISANT : COMME A DIT UN TYPE SUR INTERNET, ET POUR MOI CA SUFFIRA AMPLEMENT ET VOUS DIREZ QUE BIEN QUE CE SOIT DE LUI IL LA PARTAGE NATURELLEMENT AVEC TOUT LE MONDE PARCE QUE SA VISION DE LA SOCIETE ET DE L'HUMANITE  C'EST COMME CA, ET C'EST BEAUCOUP MIEUX POUR TOUT LE MONDE QU'IL Y AIT DE L'INFORMATIQUE LIBRE, AINSI SOIT IL ET LONGTEMPS ENCORE.









Une  formule signée eric levergeois et trouvée le 16 decembre 2009 -- copyright déposé ici, texte toujours envoyés en double à maître N N qui s'occupe de mes affaires d'écriture. -- tous droits non réservés pour cette formule sur et hors et loin des lacs italiens - elevergois -
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 10:29
article retiré pour polir et repolir mon ouvrage "polissez-le sans cesse et le repolissez" (La Fontaine dixit)
Par elevergois
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 09:55


A QUI LA FAUTE ?

(écrit le 25 juin 1871 – après la Commune)



DANS CE POEME HUGO INTERPELLE UN ENFANT QUI VIENT D'ALLUMER UN INCENDIE – LE TEXTE DU POETE, ET LA REPONSE DE L'ENFANT SE PASSENT DE COMMENTAIRES.

Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?
- Oui,
J'ai mis le feu là.
- Mais, c'est un crime inouï !

...

As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur ;
Il luit parce qu'il brille et qu'il les illumine.
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine ;
Il parle, plus d'esclave, et plus de paria.
Ouvre un livre, Platon, Milton, Beccaria ;
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille ;
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître ;
A mesure qu'il plonge en ton cœur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur ; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi, comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints !
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un nœud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il le l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela toi !


- Je ne sais pas lire.





L'Année Terrible, VIII, 1872.

(Hugo accueillit plus tard les Communards poursuivis, à Guernesey, mais il ne fut pas favorable à la logique insurrectionnelle dans ses aspects féroces, comme il dut considérer les innombrables exécutions sommaires des révoltés – on parle de 20.000 morts -- d'un oeil spécialement tendre, car la troupe française fit un carnage d'autres Français, ce qui en tout état de cause soulève un malaise atroce. Théophile Gautier, lui, rentra dans Paris assiégé avec ce mot: quand on bat ma mère, j'accours!)

           



           


  
 

Par elevergois
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 07:44

Oui, la langue française est difficile et délicate à pratiquer dans ses ressorts secrets qu'un rien libère et qui poussent sur d'autres ressorts, aiguilles, balances, pendules, toujours adaptés pour accueillir une trouvaille à la manière du papier photographique qu'on plongeait autrefois dans un bain appelé révélateur. Sitôt qu'on la fait agir comme parchemin pressé sous un texte qui fait ressortir ses jointures de latin, de grec, d'études, de pensum et de souffrances d'inventeur, elle déploie des mystères, elle est d'emblée une langue adaptée aux plantes rares qui poussent dans ses fibres et qui s'offrent d'un même élan au botaniste et au stylet du chasseur de fautes qui la lit autant qu'il la guette. J'apprends ces derniers temps qu'on y fait des erreurs de syntaxe, de phonèmes, de syllabes, ce qui signifie qu'on ne sait plus faire sa cour ni sa guerre à cette langue dans laquelle on écrit, mais qui apporte également au lecteur habile qui la pratique comme un musée aux collections toujours en mouvement. Vous pensez en français? Non, le français, selon ce que vous écrivez, vous adapte au monde de la lecture avec des rayons pénétrants et sensibles qui feront de vous un être à peine décent, ou un académicien à l'aisance froide, qui a toujours par quelque côté un lointain rapport avec la posture du dandy. On ne sait pas pourquoi cette langue s'écrit du dedans, et non du dehors. Ce qu'on sait, c'est que celui qui s'y engage avec deux ou trois pas mal répétés, lui marchera sur les pieds comme celui piétine les souliers d'une jolie cavalière parce qu'il ne sait pas encore bien danser. L'incroyable affaiblissement des ressources vocaliques qui font que le français ne chante pas comme l'espagnol ou l'italien, fait qu'il faut sans cesse compenser sa phrase par des cadences, des sursauts, des à pic et des landes qui donnent du liant et de la saveur dans une lecture qui ne coule pas,mais qui s'exerce. La spire d'une peau de citron dans une nature morte hollandaise est toujours un peu comme un excitant sans sel, ni poivre, ni rien qui relève le spectacle sans qu'on sache d'emblée pourquoi ni comment, mais qui est agissante et paie comptant celui qui regarde par un effet continué. On s'y attarde en se demandant pourquoi on la voit ainsi faire des effets élégants et discrets, on s'en détache, on en est rattrapé par le coin de l'oeil, on croit qu'il y a là quelque chose à dire qui doit bien être central, capital même, mais en usant ses prunelles dessus pendant des années, on y trouverait rien de plus. C'est sans doute qu'on oublie qu'un tel tableau, mieux que bien d'autres parce qu'il est " ressemblant à des choses qu'on connaît " a été pensé sous ce qu'on voit , comme la longue et lancinante question d'abord technique, à quoi succède ce qu'on a réussi à peindre avec des pinceaux et et des couleurs – et si sous ce tableau une longue préparation d'artiste savant exagère sans effort l'emprise du résultat, c'est de la même façon qu'on réussit, (qu'on soit né français ou pas), sa rédaction en langue française qui est affaire de sauce bien pensée, de fonds marinés, d'apprêts soigneux. Quiconque a regardé le jour au petit matin sérieusement, ne peut pas se dire qu'un rideau se lève. Car le jour qui point se prépare, il pousse dans le terreau de la nuit comme un bulbe de lis enfoncé dans la terre correctement et qui tient ses promesses en fleurissant à l'heure dite. Aussi les auteurs médiocres ou ceux marqués par le sceau du grand talent, font-ils tous des prouesses dès qu'ils arrivent à déployer le style noble, le style caressant, le style qui a peiné dans de longs silences son accomplissement, de quelque degré qu'il soit. Lorsqu'on entend monsieur Michael Edwards, professeur de poésie au Collège de France, et né sous les doigts très précieux des muses de Shakespeare et de Milton, on n'a plus aucun doute sur la question des fonds en peinture, et des fonds dans la pratique savante d'une langue incarnée par un homme qui l'illustre. Monsieur Michael Edwards mérite des éloges sans fin; sa diction est noble, ses recontres de termes français appuyées sur des pans entiers de Racine ou de T.S. Eliott à valeur égale, font de lui un de ces hommes capables de porter le costume de l'académicien du raffinement hors pair, et il a donné de la poésie anglaise un livre aimable, admirable et sans retouche possible. Monsieur Micheal Edwards est un homme que la poésie hante, parce qu'elle l'a élu parmi les plus grands des plus grands lecteurs en qui quelque chose de spécial et de miraculeux fascine – et ce qui fascine en lui, nous aimons à le croire, c'est son amour de la langue française qui ne s'explique que par ce mot qui couronne les belles rencontres digne des contes fées: « parce que c'était elle, parce que c'était lui ». Et s'il ressemble un peu à ces chateaux austères anglais ou celtes poussés à contre-emploi dans nos jardins de Touraine, c'est parce qu'en nouveau paladin de la langue, il a placé ces deux couleurs-là sur son blason de chevalier du français.

 

 

elevergois - ce texte est la partie qui débute une conférence  personnelle sur la langue, il est donc protégé, et exclusivement réservé à mes quatre ou cinq lecteurs de ce blog, bien que j'eusse aimé mettre ceci dans le Monde électronique,-- on sait ce qu'il en est advenu récemment . 


J'ai vu depuis que certains autres rédacteurs savent mon adresse et où me retrouver. Nous recommandons, de Monsieur Edwards, "Shakespeare et la comédie de l'émerveillement", et  aussi son livre ( en "poche" à présent) sur la poésie anglaise, vraiment magnifique; tout le reste se trouve sur les wiki -- bonnes et heureuses recontres à tous sur ce chemin de rois - elevergois - (eric levergeois) - (par politesse, nous avons relu In memoriam de Tennyson avec joie avant d'écrire ces lignes).

Par elevergois
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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 07:39

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elevergois - propos noctures sur les phrases des auteurs célèbres qui nous reviennent en mémoire par les nuits d'insomnie, quand le corps immobile glisse sur les eaux vertes du sommeil , incapable de trouver l'oubli, et d'y sombrer...mieux vaut se réveiller avec "un buon caffè"

 

Par elevergois
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