Jeudi 2 septembre 2010
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Il y avait le lac et ses eaux tremblantes surtout certains soirs où l'on reconnaissait dans l'ombre violette qui se formait à la
surface, les grandes formes d'arbres qui se réunissaient peu à peu pour composer le voile d'ombre présageant la nuit. Le soleil avait laissé les pierres du bord toutes grises, les rochers
redevenus stèles ou dolmens pleins de secrets pesaient de toute leur charge de soleil sur la monnaie des galets plats, et des courants d'air parfumé venant de la montagne glissaient en répandant
leurs senteurs de feuilles froissées. On sentait comme une pause dans la respiration de la terre, et l'ivresse d'être attardés sur cette plage faisait déborder le cœur d'une attente infinie et
ainsi se prolongeait le plaisir d'échapper à la prise du temps. L'ardente jeunesse qui brûlait ainsi des espérances vagues semblait attendre pour mieux tirer de l'instant comme la chair d'un
fruit que l'on aurait savouré lentement. Arrivés tard, les baigneurs du soir, ceux qui se jetaient à l'eau au milieu de toutes les nuances de la surface pailletée d'argent, luisante de frissons
et comme un fin tissu recevant le premier souffle de la nuit, devenaient, en s'éloignant bien vite des points légers poussés par un souffle venu de la rive. C'étaient les solitaires de l'eau
calme, passants pour qui nager au loin était une promenade ou une méditation entre l'immensité du ciel et celle de l'eau où ils continuaient une brasse légère qui les faisait flotter, et se
laisser porter comme des êtres nés de l'eau. Et puis, sorties d'une époque presque révolue, arrivaient alors les barques à fond plat des pêcheurs avec leur allure de campement flottant, leurs
piquets, lignes, filets et lampes qu'ils déposeraient plus tard, accompagnées par la voix rauque d'un moteur crachant un peu de fumée noire. Et l'eau prenait l'ascendant sur toutes nos autres
sensations par le rêve d'avoir vécu de bains, de traversées, de rochers découverts loin sous la surface, une eau dont nous sortions comme pour revenir à l'air qui n'était plus tout à fait notre
monde – mais l'heure, le parfum profond de l'heure qui alors s'installait, sa substance dont nous faisions partie ne trouvait pas d'obstacle dans notre présence, et nous traversait comme si nous
étions accordés à cet air gris bleu étendu sur notre rive. Comme si le courant léger des vents était la palpitation même de la vie, et que la possibilité de sentir, devenue enchantement, n'était
due qu'à cet instant magique où le lac passait des bleus intenses du grand soleil de midi au recueillement infini du soir.
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Le texte a paru en revue en juillet sous une autre forme, dans une publication italienne dans la région évoquée – elevergois
–
Par elevergois
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Vendredi 2 juillet 2010
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/2010
14:26
PROCURA-SE
Procura-se um homem
que desapareceu no dia 14.
Calçava sapatos pretos
e vestia uma espécie de nuvem,
dessas que se acham em qualquer lugar.
Costuma falar sozinho,
especialmente quando caminha.
Quando desapareceu,
carregava uma bolsa
com alguns poemas sem palavras
e alguns acenos suicidas.
Comia morangos
quando desapareceu.
Também carregava
duas estrelas mortas
no bolso da camisa,
do lado esquerdo.
Dizia que não tinha nome,
mas era por esquecimento.
Procura-se esse homem
que sumiu com alguns segredos.
Disse que ia falar com as pedras
e desapareceu no dia 14.
Quem tiver alguma notícia
sobre seu paradeiro
por favor
não informar a ninguém.
ALVARO ALVES DE FARIA – Le 28 mai 2010 paru sur le blog de cet auteur, c'est à dire sur: O blog do poeta Alvaro Alves de Faria –
lien:http://blogs.jovempan.uol.com.br/poeta/geral/o-poema-de-toda-sexta-feira-2/
Par elevergois
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Dimanche 20 juin 2010
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18:07
Le mois a été difficile et semé d'embûches, l'avenir ne se présente pas sous des couleurs d'idylle, mais il y a eu de la résistance discrète du côté des "futurs
papys élevés au rock n' roll" comme je m'amuse à dire, bien que le terme ne s'applique pas vraiment pour ma classe d'âge stricto sensu. Nous avons beau évoluer auprès de rieurs qui
fesfoient à la sante des marées noires du dollar, des marées noires du manque d'honneur, des marées noires de l'Ignorance,il nous reste des paradis de fiction merveilleux que l'injustice
universelle ne saurait atteindre -- bien que nous ne puissions pas la guérir. Je tiens à remercier ceux de nos étudiants qui par attachement à notre culture, nos lettres, nos terroirs et nos
richesses, qu'ils comparent et échangent avec les leurs, parce qu'ils sont comme des phares avertissant des côtes dangereuses. Merci mille fois pour la qualité humaine et
l'inspiration et aussi pour ce constat: lorsque la "patrie intellectuelle" et l'unité qu'elle assure tendent à couler corps et bien, il nous en reste une autre: celle qui fut inventée par
les écrivains de génie et qui nous sert d'antidote quand tout décline et paraît empoisonné par le manque d'honneur. Quand tout est gangréné par la lâcheté, l'insuffisance et la
mufflerie. Il faut donner un rendez vous dans l'avenir à notre beau pays, il faut qu'il renaisse à un moment qui ne sera pas prêt demain, parce qu'il me semble désormais privé des
espérances ambitieuses qui l'ont porté à d'autres périodes. Le temps de Juvenal et de Mathurin Régnier est de nouveau sous nos fenêtres, avec des cibles à railler par milliers, qui
défilent avec des masques dignes de James Ensor ou d'Otto Dix. J'adresse un clin d'oeil à Aldous Huxley, beaucoup cité en privé ces derniers temps, et qui doit bien rire de voir
ce qui se passe.
eric levergeois - le quatuor n° 1 de chostakovitch, avec le premier mouvement et l'entrée du piano toute en éclats de vent tourbillonnants est
particulièrement adapté aux courtes vagues bleues qui jouent l'après midi autour de mon petit lac, et surtout le port -- à côté des autres lacs enchanteurs. elevergois.com
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Samedi 22 mai 2010
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17:23
Par elevergois
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Samedi 22 mai 2010
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15:10
Par elevergois
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