Mercredi 7 novembre 2007 3 07 /11 /Nov /2007 16:26
      (LETTRE OUVERTE A ALAIN REMOND   ---   AUX BOINS SOINS DE MARIANNE)



Cher Alain Rémond,

Vous n’imaginez pas – mais pas du tout, d’autant plus que ma lettre sera au bas d’une pile de cinq cents autres du même style – la félicité surnaturelle où votre avant-avant-avant-dernier article sur les niveaux de langue et le point de vue de l’auteur, etc. a plongé les mauvais génies de mon espèce qui ont dû souffrir et  languir d’impatience sous la férule du tout-linguistique durant leurs études. Cette maladie parente de la psittacose et du kouachnorkor commença à sévir, je crois, vers le premier tiers des années Soixante-Dix. Tous les chargés de cours étaient atteints de cette douloureuse pandémie, et, même s’ils n’en mouraient pas tous, comme dit le bon La Fontaine, ils la transmettaient entre eux, et la transmettaient à d’autres. Soutenue par la psychanalyse, qu’on avait vue venir de loin (mais jamais je n’ai entendu parler de Bachelard avant la fin de mes études, c’est curieux, maintenant que j’y pense…), appuyée par la vague structuraliste et confortée par le délit de conformisme bourgeois honteux de « trouver beau » un texte littéraire, les adolescents que nous étions passaient directement de la Terminale au Terminus Structuralo-Lingustique, pour apprendre les arcanes fantasmées de la « déconstruction » des œuvres et la « reconstruction » du sens des dites œuvres. Pour ça on ne nous donnait pas de critères, mais des « outils », équivalents délicieux et métaphoriques des pinces, tournevis, perceuses, et surtout marteaux pour taper sur une œuvre, passez-moi l’expression, jusqu’à ce qu’elle en crève. Que de vénérables ouvrages n’avons-nous pas « déconstruits » et « reconstruits » à l’époque !  c’était le plein emploi dans ce secteur, et quand le bâtiment va... Bref, gonflés d’orgueil autant que des Le Corbusier, nos respectables chefs de chantiers nous regardaient souligner des pages et des pages avec des crayons bille de diverses  couleurs en fonction des racines des verbes « pouvant permuter » avec d’autres verbes, ce qui expliquait   mieux que tout pourquoi la Tristesse d’Olympio ou Hamlet sont intéressants et sans âme.

Je ne dis pas œuvres « géniales », car ce mot était absolument exclu des débats. Armés d’axes, de toutes sortes de petits concepts « opératoires », et autres piolets pour comprendre qu’une œuvre littéraire est une série – je simplifie – d’opérations et de manipulations de ce qui n’est rien d’autre qu’un vulgaire « corpus » et un agrégat de signes qui pourrait absolument être autre chose, vu que linguistiquement parlant, c’est un pur effet du hasard des listes de lexèmes et autres babioles si Dante est Dante et John Donne est John Donne. Un point c’est tout. Hélas pour moi, un livre immense prêté par hasard par un de mes amis, vers  l’âge de 17 ans, m’avait révélé le paradis, et toute mon âme avait tremblé sur les deux rives de mes océans intérieurs : en un mot, les grandes œuvres littéraires m’émerveillaient. On allait nous bluffer de la même façon en troisième année, lorsque qu’un soir, à la télévision en noir et blanc, un jeune chanteur qui avait fait une célèbre chanson sur les tickets de métro parla d’un certain Ezra Pound (à l’époque, comparativement, la télé c’était très intello faut pas croire…). J’achetai l’œuvre citée dudit Ezra Pound dans un supermarché, (les supermarchés, très intello aussi à l’époque) où elle trônait sur un tourniquet en fer genre présentoir de cartes postales, et après cela,  je compris que l’imposture dont on nous gavait était bien exagérément tarabiscotée par rapport au véritable intérêt de la linguistique. Comme on ne cache rien  aux ados en matière de génie pas plus que sur la manière de faire des enfants, j’avais ma petite idée et j’entrepris un jour de clouer au mur un de mes assistants en lui demandant hypocritement et à brûle pourpoint le sens véritable d’une des Illuminations d’Arthur Rimbaud.  Point de réponse. Furieux, je me levai – j’avais soigneusement préparé mon coup – distribuai des photocopies, et entamai devant mes camarades éberlués un immense discours sur le vers romantiques et l’évolution de la poésie au XIX ème siècle jusqu’à Rimbaud. Il y avait certes des erreurs, mais je fus suffisamment bon, ce jour-là, pour décrocher le privilège de me faire saquer tout le restant de l’année par mon mentor attitré qui me donna les pires notes jusqu’ à la fin du semestre. En me penchant avec un sourire amer et doux vers ces années pas si lointaines, je remercie la faculté de m’avoir montré ce qu’elle allait devenir, une maison de correction pour amateurs d’art, et une machine à poser sur tous les textes une « grille » - la même  grille derrière laquelle vous vous êtes retrouvé, vous et votre texte donné à commenter en terre espagnole, avec des « consignes » de travail développées par vous d’une manière tellement désopilante que je n’ai pas m’empêcher d’en rire, puis d’en profiter pour vous écrire ce billet d’humeur primesautier. Au bout du compte, je crois pouvoir assurer que les années passant, au nom de la  liberté de dire pis que pendre des grands auteurs – bien inférieurs comme chacun sait à la littérature hopi et aux langues amérindiennes parlées jadis par les Comanches et les Sioux qui EUX sont authentiques, EUX, savent « être au monde », ne subissent pas l’agression des langues de culture d’ « oppression »  et de « colonisation » que sont l’anglais de Shakespeare, l’italien de Dante, le français de Hugo, etc – la mode a évolué.

 C’est si vrai que, il n’y a pas si longtemps que cela, une étudiante mexicaine venue assister à l’un de mes cours, m’a descendu mon Shakespeare et mon Corneille, au nom des valeurs « radicalement pures » de la langue complexe (et sans aucun doute pleine d’intérêt) qu’on parle dans son lointain microcosme surnaturel qui explique tout, et renvoie – mais alors là, plus loin que la lune et les étoiles, Racine et La Fontaine directement au panier des ultimes galaxies de l’Histoire ! J’en suis resté éberlué et sur les fesses tellement c’était militant et absolutiste, ce discours de ma mexicaine en pleine révolte ! Si, si,  les habitants de ce coin du Mexique, de la même façon que toute la musique est dans Bach pour certains, ont tout expliqué, et bien mieux que mes oripeaux de littérature « colonialiste », mes Corneille et autres Racine « racistes » « dominateurs » et carrément responsables de tous les maux . Il y a eu un silence gêné. Et très politiquement correct. Je me suis tu, respectueux de la belle langue dialectale de ce coin miraculeux qui explique que tout est dans tout, et dont l’essence éthique est « bien supérieure » à toute la culture occidentale « qui nous a fait tant de mal ». Le silence s’est fait aussi épais que les brumes de Londres.

Je ne savais pas comment continuer, surtout sans froisser la culture mystérieuse et universelle de ce coin du Mexique inconnu de moi, et d’ailleurs de tout le monde dans la salle. Puis, un étudiant venu d’Allemagne s’est permis une parabole hilarante, digne d’un scène de Groucho Marx et qui a remis les pendules à l’heure. « Vous savez, monsieur, c’est comme ces gens qui font des performances musicales, vous savez, à Berlin j’en ai vu beaucoup, ils vont chercher dans une montagne, naturellement sacrée (c’est lui qui a dit cette vacherie,  pas moi)  et alors, ils regardent longuement les deux pierres avec un air profond, ils les lèvent en l’air, et pam ! ils tapent l’une sur l’autre --  un silence, puis mon étudiant, sûr de son effet a poursuivi avec un faux air sérieux – « et donc, après ça, la personne qui tapé les pierres dit : « ça, (le bruit des pierres l’une sur l’autre, vous y êtes ?), et bien ça, juste « pam !», c’est plus grand que tout Mozart  ! » Tout le monde a hurlé de rire. Et puis je me suis dit que la mode, ce n’était plus le tout structural linguistique, mais la défense des minorités saignées à blanc par  le capitalisme et  les grands auteurs, la valorisation des langues minoritaires et la défense de la nature, la démonstration de la nullité des cultures moribondes et hautement toxiques et  inutiles pour les Indiens, et même dangereusement fascistes, dont la nôtre – si, si, creusez un peu, et vous verrez . Quelle brute épaisse ce Racine, quel goujat, quel monstre, et moi qui le prenait pour un auteur fréquentable ! Un vrai salaud, finalement, un tueur d’Indiens, peut-être même qu’il a fait de la traite, cet animal. A mort Racine, facho, négrier !– ( y a pas à dire, étudier ça permet vraiment de dire vachement  de trucs sérieux.) ------
Bien cordialement à vous, et avec tous mes compliments zémus pour vos billets qui mettent Marianne de si bonne humeur. elevergois.










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Dimanche 2 septembre 2007 7 02 /09 /Sep /2007 17:28

                           EN VOYAGE SANS LIVRE, A LA GUERRE SANS MUSIQUE (2)



Mais, puisque pour une fois nous n’allons ni à Tours ni à Saint-Malo, j’accepte le risque de bonne grâce et  comptant sur le nombre de volumes emportés - à peine cinquante, pour cette fois - je passe avec un « alea jacta est » mental, ma première vitesse dans les pignons du moteur qui nous font quitter les rives du périphérique, non sans une d’inquiétude devant le grand large. Et je me jette la tête la première au plus versatile des hasards, décidé à visiter l’Aveyron et les rives du Lot en ignorant avec superbe mon asthme de liseur.-- J’observe en passant qu’il est absolument scandaleux qu’un vieux pays littéraire comme la France ne possède pas une liste à jour des repaires de bouquins par département, y compris les plus poussiéreux, car ce serait un soulagement de savoir que Sainte Eulalie d’Olt ou tel hameau désertique de la Lozère recèle dans le fond d’une cave un Rabelais incomplet, un Corneille en morceaux, quelque épave scolaire jaunie, bref une partition d’auteur classique à consommer sur le champ. Je partirais plus tranquille. comme les amateurs de musique classique pourraient avoir un goût subit et impérieux d’écouter la Callas en traversant - et pourquoi non? - les faubourgs de Saint-Cirq-la-Popie ou les abords de Vierzon, mais c’est ainsi. -- L’inspiration de celui qui cite n’étant pas la même que celle qui crée sa propre prose, les paysages qui défilent sont déraisonnablement suggestifs et incroyablement pervers. Ainsi, l’été dernier, nous étions à des kilomètres de toute librairie imaginable, lorsque tout à coup je me suis senti pris d’un vertige de diction poétique oppressant: renfoncement de la poitrine, crispation des extrémités, tremblement des narines et pâleur profonde des joues. Obligation immédiate de stopper la voiture dans le premier fossé. Ma femme m’a regardé avec un intérêt tout spécial, car le frémissement des narines lui était inconnu. Pour une fois, son intuition féminine calait devant ma face cireuse et mes dents serrées. « Veux-tu que j’aille chercher un volume dans la malle, mon chéri, m’a-t-elle susurré tendrement, comme on rassure les cardiaques sur la présence de leurs pilules ». « Tu nous fais une petite poussée de Racine? » « Non, ai-je articulé comme à bout de forces: je fais une crise de… » Je voyais tellement distinctement les poèmes et leur musicalité divine sans pouvoir en dire un seul. « C‘est pire que tout, je crois bien que je  fais une crise de Pas..." "quoi mon amour: Pascal?...non?..alors Pascoli?...lui non plus, mais qui, mon chéri, réponds-moi! " "C'est grave, je sens que je fais une crise de Pas..ternak! » « Mon Dieu, Pasternak! et toi qui as refusé d’installer le G.P.S.! »Elle s’est jetée sur la carte, a identifié une ville digne de posséder une librairie, et un pôle universitaire à moins de 200 kilomètres. Courageusement, elle a pu me conduire jusque là, et par miracle une belle librairie possédait un exemplaire de : Ma soeur, la vie que j'ai pu lire et relire pendant trois heures. Ouf, sauvé!" (cpright eric levergeois)
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Dimanche 2 septembre 2007 7 02 /09 /Sep /2007 17:18


                                    EN VOYAGE SANS LIVRE, A LA GUERRE SANS MUSIQUE




Je ne suis pas de ceux qui partent en vacances après avoir scrupuleusement vérifié que ma valise contenait l’essentiel des vêtements d’été, les sandales de plage, le costume de soir à la mode, et autres babioles qu’on fourre scrupuleusement dans les poches secrètes de ses bagages à triples fonds si pratiques et si inutiles. Mon angoisse de voyageur situe ailleurs: quels sont les livres - ceux qui m’accompagnent en général dans la vie- que je vais emporter cette fois, et quels sont ceux que je vais laisser là, comme les enfants qui ne font pas partie du voyage. Je souffre en effet d’une maladie apparentée à celle du bibliophile, du bibliolâtre même, dont les symptômes se manifestent par le manque subit et vertigineux d’un livre, accompagné de crise nerveuse, d’éclats d’impatience odieux pour mes proches, dès lors qu’un beau site - sans même, parfois, qu’il y ait un site - m’a mis en humeur de relire un passage de Stendhal, de Proust, de Rilke, et je vous épargnerai bien sûr la liste au grand complet. Étant donné que prochainement notre maison va s’écrouler sous le poids des mille et une versions de ces mêmes œuvres débusquées à des heures imprévisible partout en France,(et pas seulement en France…), le moment de chaque départ ne va pas sans une épreuve difficile: celle du Choix, l’implacable Tri. A tout seigneur tout honneur, je fourre dans ma malle les aînés d’abord: une garde rapprochée de Balzac, les grognards du meilleur bataillon stendhalien , quelques Shakespeare en sentinelle pour les soirées un peu froides, du Faulkner l’arme au poing pour les matinées brûlées de soleil ou les lieux sauvages, en bref tout ce qui peut parer l’improviste l’arrivée d’une attaque. Puis vient la sélection du rayon obscur,  de mes soleils levants intimes, la face cachée de toutes ces planète gravitant autour de mon univers: les textes de la divine Poésie! A première vue, ils  semblent moins urgents à reprendre et à compulser frénétiquement en plein désert, mais ce sont les plus fourbes d’entre tous. Imaginez-vous arrivé dans un raidillon du haut Limousin ou dans les rases lavandes des Basses Alpes, sirotant  tranquillement l’apéro ou le pastis du coin, et vlan! À l’instar du cardiaque qui fait sa crise, me saute dessus une envie irrépressible et compulsive d’un passage d’Eluard, de Goethe, de Breton que ma mémoire prise en défaut ne peut finir… Il se crée alors en moi un état de vide infini, sidéral, intergalactique. On l‘a prouvé, le mal poétique chemine par des voies plus intimes qu’une page de roman bien troussée, il distille sa chimie, infuse dans les fibres profondes, et une fois lancé  il est quasiment sans remède. Ma femme, qui malgré ou à cause de son amour angélique pense à tous les minces détails d’une équipée un peu lointaine, a pris l’habitude d’annoncer aux portiers d’hôtels avec les ménagements qu’il faut à leur susceptibilité de commerçants qui proposent « tout le confort moderne et la télévision dans les chambres » que « son mari pourrait avoir besoin de livres. Savez-vous s’il y a dans une ville pas trop loin une librairie, une vraie librairie remplie de livres, pas seulement ceux des meilleures ventes, qui bien évidemment ne l’intéressent pas ». Et je passe invariablement pour un fou. Car aucun grand sportif connu ne se prénomme Dante, et l’équipe de foot d’Hamlet n’est pas près de marquer. « La première grande ville à proximité est Rodez, à deux heures de route, tu veux que j’y appelle un ou deux libraires? » Je fais « non » de la tête, mesurant l’épreuve de stoïcisme et d’abnégation dans laquelle je serai contraint de moisir si une panne d’Eluard me fauche en rase campagne. « Tant pis » fais-je en refermant la porte de mon bureau-bibliothèque, et je me remémore les heures douloureuses que Giono dut vivre dans les tranchées, pendant quatre ans, avec pour unique secours son volume de la Chartreuse. (première partie)
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Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /Août /2007 17:59


                                      JE VOUS SOUHAITE UNE BONNE JOURNEE


(cet article doit être réécrit car ayant reçu un coup de fil au moment où j'allais le terminer, une boîte dialogue d'overblog m'a empêché de continuer et même m'a offert la possibilité inespérée de tout
perdre, après deux heures de rédaction - c'était un papier d'humeur assez drôle, je le referai mais
pas aujourd'hui,  je n'appelle  pas sisyphe!)
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Dimanche 24 décembre 2006 7 24 /12 /Déc /2006 15:54


Extrait de Hommage à La Noue:


Parmi toutes les maisons qu'il m' a été donné de connaître, ce manoir de La Noue près de Tours a réalisé toutes les promesses de ma vie secrète de liseur impénitent. Car il doit bien arriver, finalement ce jour où le bagage infini et disparate de nos lectures trouve sa preuve irréfutable et sa confirmation, ce jour où l'on sent que les choses qui nous entourent acceptent aisément d'être lues et considérées avec l'attention qu'on accorde à des oeuvres d'art ou à des pages d'auteur. Et alors, notre accord avec le monde, que nous croyions par excès de simplicité transitoire et fragile, devient semblable à cette géniale atmosphère d'ivresse que nous comuniquent les tableaux, les vues d'intérieurs silencieux où l'esprit chemine à loisir, les natures mortes ou les portraits dont nous avons fait une collection mentale, faute de pouvoir les emporter ou les acheter. Nous ne les possédons pas, mais ils nous possèdent, parce qu'ils ont le pouvoir de nous suggérer des vies multiples, et d'ouvrir pour notre imagination des paradis. Et lorsqu'on apprend que le charme  distingué de la demeure est l'oeuvre d'une vraie Magicienne, il naît un plaisir plus précieux que les autres et qui consiste à voir  les objets simples, les immenses bouquets de fleurs séchées, les paniers d'osier remplis de pommes, comme dans un conte, organisés pour tisser les uns avec les autres de subtils rapports toujours créateurs de poésie discrète et d'enchantement. Ne hante pas sa maison qui veut, a dit le poète, c'est une affaire de magnétisme et d'ententes sécrètes. Mais pour qui sait les déchiffer, ces sortes de mirages sortis des moments les plus simples, créent un monde où la vie rêve d'elle-même, se pense et s'infinise, se multiplie pour nous plaire, et nous comprenons  alors distinctement qu'il faut vivre au rythme de cette maison magique, comme on écoute attentivement un nocturne ou une barcarole, où chaque note a des effets de découverte capitale.

e. levergeois ( tiré de Homage à la Noue,  textes en prose inédits -droits déposés)


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