Dimanche 5 juillet 2009
7
05
/07
/Juil
/2009
12:54
DER MANN MIT EIGENSCHAFTEN
Ulrich rêve d'Agathe:
"Pour la première fois, elle lui avait signifié qu'entre eux, rien ne pouvait s'élever à la hauteur du rêve, de cette sorte de rêves auxquels on ne laisse même pas
libre carrière et qu'on nomme "rêves impossibles", ce qui sous-entend maladroitement qu'il devrait y en avoir d'autres qui sont possibles. Dans la solutide de ces grandes pièces soudain vidées de
sa présence, de la rêverie familière d'une présence aimante qui le comprenait enfin, il lui arrivait de pouvoir ressembler à ces objets qu'aucun frémissement ne perturbe, et comme un noyé
poétique, il coulait lentement dans les espaces les plus profonds de son être, rencontrant de grandes lames de jour bleu et pâle dans lesquelles ses bras essayaient de le soulever pour qu'il ne descendît pas plus profondément encore, tandis que son corps lui paraissait
fait de la substance des noyers morts, qui lentement descendent et cheminent à rebours vers un destin vaste comme l'univers tout entier. Il lui semblait qu'il parvenait ainsi, le solitaire esquif supportant sa vie
et toutes les autres choses composant une minute de vie dansant avec lui dans sa chute,
jusqu'à une mélancolie épique, et que s'il y avait une épopée allemande de chevalier abandonné par sa dame, qui devenait par la suite la proie de toutes les
sirènes et de tous les monstres féroces qui habitent l'eau, il devait l'incarner à la perfection. Par la suite, il se ressaisissait, et la première idée
claire qui traversait son esprit était celle d'Agathe -- un peu comme si la même fée qui l'avait plongé dans l'eau pouvait également l'en sortir, ce qui
confirmait qu'il ne souhaitait pas échapper à ses caprices. Cependant, autour de lui tout était vide, tout était comme désenchanté par son
éloignement, et il lui semblait étrange qu'elle eût dit sans la moindre gêne "je serai absente pendant pluieurs mois" ni même sans se rendre compte que de pareils mots appartenaient aux expressions dont ils avaient souffert dans leur enfance tous les deux, des mots qui blessent
naturellement lorsqu'ils viennent de parents préoccupés d'eux-mêmes, incapables de soupçonner qu'auprès d'eux vivent deux êtres jeunes qui ont une âme prête
à l'écoute de toutes les plus belles musiques du monde, et qui voudraient bien en finir avec les sornettes de la vie de tous les jours. Mais c'était ainsi,
et cette soeur surnaturelle et tant aimée, qui pouvait jouer avec lui à tous les jeux possibles de l'enfance, même lorsqu'elle s'éloignait et lui faisait affreusement mal, il n'en continuait pas
moins de l'espérer, de trouver sa présence das sa vie comme un don éternel."
Continuations - exercices sur des thèmes de Musil mettant en scène Ulrich et Agathe - elevergois - car que faire
en un gîte à moins que l'on ne songe - tous droits vers le mur, comme on dit! - droits réservés et protégés -(quelques fautes sans doute)
Par elevergois
1
Samedi 4 juillet 2009
6
04
/07
/Juil
/2009
13:04
Par elevergois
1
Samedi 4 juillet 2009
6
04
/07
/Juil
/2009
06:52
Gloire et salut en l'immortalité au magnifique orchestrateur de nuances et de couleurs vibrantes, effilées ou éclatant comme des vagues hautes et belles de
l'océan, que fut Ravel! A écouter pour la millième fois le récit chanté par la flûte de Ma Mère L'Oye,
quelle joie d'avancer à pas légers dans le ciel, quel bouquet de rayons de soleil, quel jaillissement de fontaines qui soudain
parlent! Ce n'est pas le ciel accordé, c'est bien plus, bien plus, un paradis de contrastes berçant le coeur d'un enfant, un murmure aimant de "bonne nuit" à tous les insomnieux qui se
réveilleront sous la forme d'une fleur, un calice ajouté au monde, ou bien si embarrassés d'aimer qu'ils hésiteront entre redevenir hommes ou rester
vaisseau de joie bercé par la mer! Quelle extase devant la vie! Envolé tout à coup le poids des tristesses, et perdu dans tous les alizés nouveaux le chagrin d'un regret qui
valut la beauté d'un rêve et d'une larme! Suivre tout simplement la magnifique tornade des prières si hautes de Daphnis, l'accompagner dans son écume en vol, dans ses embruns de choeur final où toutes les voix sorties des eaux marines sourient d'un sourire de fée! C'est rendre la vie si belle, si
accordée aux caresses des violons dansant comme autant de palmes douces rafraichissant l'air; c'est le matin de tous les autres matins espérés soudain luisant sur une baie fragile à la rumeur de
colombe! O bonheur plus grand que tous les autres, muant sans cesse dans la voix heureuse d'une aimée qui nous hantait, enfin trouvée, saluée, dans une étreinte pour toujours! Et que dire du
grondement éparpillé du concerto pour la main gauche qui s'enveloppe de son jazz final, accordé comme la brume d'une nuit versant d'un coup toutes ses étoiles, en averse, en récompense de tous
les serments faits au cieux rougissants, dans l'attente réelle de l'instant rétrouvé où la joie illumine un autre monde enfin trésor, enfin désordre furieux d'aimer! Ame du piano dont chaque parcelle comme un sable d'argent
devient la volonté caressante de lumières neuves et belles! Ravel est un astre tombé d'ailleurs posant sur tout les mystères une rosée bleue recréant les
pétales des fleurs et l'ivresse d'un baiser qui se partage en mille rivières nous reliant au ciel. C'est "la mer en allée" qui toujours revient briller dans
la pupille adorée du grand large; que de rêveries dans cette musique filée
par des insectes en livrée de carnaval qui discutent des paradis d'Alice en haut des collines, en filant des tissus d'aile de papillon, et des soies et des broderies pour le murmure incessant des roseaux courbés
dans la tiédeur du matin. Oui, vraiment, gloire sainte et bonheur immortel pour toi, Ravel, musicien de toutes les pensées de joie, homme et magicien qui saura à tout jamais réveler, d'un infime
bruit, le charme reculé des songes, et toujours, toujours, pour les plus riches et les plus miséreux, réenchanter, oui, tant de fois, réenchanter la vie!!!
elevergois -- à tous ceux qui m'ont ouvert le paradis de leurs demeures enchantées -- amis et parents de valérie, personnages et apparitions de rêve sortis des pages de Proust ou de Colette -- ceux que j'aime d'un
amour dont la meilleure part appartient par magie à cette musique, je dédie ce texte du matin et
l'envoie à tous -- soyez joyeux, vite, vite, soyez joyeux et n'attendez pas! - (tous droits protégés par Me Noual -- texte envoyé et sécurisé ce jour -- juillet 2009 --
Par elevergois
0
Vendredi 3 juillet 2009
5
03
/07
/Juil
/2009
21:25
éliminé pour cause d'ennui mortel à la relecture, par ailleurs grande banalité au second coup d'oeil.
Par elevergois
0
Vendredi 3 juillet 2009
5
03
/07
/Juil
/2009
05:02
Dans la douceur d'un soir qui décroît lentement sur le vert humide des chênes et très lentement sur les montagnes où glisse le vent des vallées ombreuses
courant toutes vers la petite mer de tons bleus et frémissants du lac, soudain durcis comme le cobalt d'un Cézanne maçonné à la façon de l'Estaque, ou pétris au couteau dans la matière
fluide de l'air, tandis que le parfum acide et capricieux des sentiers vibre sous les haies, comme infusé dans l'éclat d'un long soleil oblique qui est le vrai peintre de ces fins du jour, les
rives blanches d'une poussière de chaux ou de grès lentement s'annulent. Abandonnées par les vaillants maçons qui transportent, hissent, et tutoient tous ces âpres granits auxquels peut-être ils
parlent, ces rives accueillent l'obscurité violette qui monte du fond des eaux et qui fera sombrer tout le pays, toutes les parures des sapins frangés de blancs plumets, toutes les
éminences factices et leurs colonies de hêtres, toute l'épaisseur des chataigniers aux chevelures de Gorgone dans cette ouverture de l'avant-nuit concertante qui rappelle tous les êtres. Son
atmosphère rêveuse enveloppe d'un charme languissant les vieilles villas du bord de l'eau qui pourraient, alors, devenir au gré d'une sorte de fièvre
,tout à coup, de grands palais d'un style indien ou d'Egypte, venus de bien loin, comme si tous les exilés volontaires de ce coins d'Italie, partis nombreux
depuis des siècles et dont l'âme aride et obstinée était demeurée ici ,veuve des aventures et des lointains brûlés, nous avaient renvoyé en les assemblant les bouquets violets de la lente
obscurité, la chanson des fleurs frileuses qui ressemblent tant à la mélancolie déchirante du violon, soudain jouant sous une coupole d'éternité placée mystérieusement au détour d'un
sentier, un air tzigane qui se mêle dans une apparente innocence à la prière des clochers. Celle qui de vallée en vallée, sonne pour le passant, le prêtre ou le simple promeneur, tandis
qu'ignorant que le temps tiendra toute forme dans sa pince, il croit musarder d'un pas léger de fée vers des horizons de sapins noirs et de lune, désireux peut-être plus tard de s'étendre
chastement aux côtés de la nuit rêveuse, qui l'emportera lui aussi sous les eaux.
elevergois - chronique de mon lac - celui-ci écrit sur le long bateau de bois, un soir interminable où la roue de la nuit s'était arrêtée sur la note
éternelle et joyeuse, quelque part dans les années profondes --tous droits réservés pour tous pays.
Par elevergois
0