Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 06:04


Un matin de septembre vaste comme la musique  de richard Stauss dans un lointain paradis des Alpes, avec les couleurs du jour qui se reforment dans l'eau, et les montagnes revenues s'y refléter quand tout reprend sa forme dans la coupe du temps -- ressuscité! -- elevergois -- nuits d'Italie -- tous droits privés
et éloignés de la vulgarité universelle -- elevergois.com
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 05:54

Voici la nuit vagabonde et tremblante sur les eaux froides de l'étang, jetée comme une cape aux plis flottants sur la grâce inexprimable d'un vestige du temps qui se refuse à disparaître, tandis que s'élèvent des ombres tirées de ses bords éteints. Des fleurs toutes en deuil et en feu noir qui construisent des palais fugaces au milieu des roseaux, nous disent de toi des histoires lointaines où l'effroi rime avec des marches lentes, et chaque note doucement diminuée apaise l'âme. Et puis voici un long chemin qui s'ouvre avec la douceur d'un matin léger comme un lit de brumes, tandis que des mots de feuilles froissées et de crinières de branches, de rameaux et de verdures, s'étirent devant nous avec la profondeur d'un récit de jeunesse qui t'exalte dans l'au-delà du mourir. Nos mains cherchent dans le vent une douceur qui ne viendra plus jamais et qui laisse sur nos paumes des pleurs du vent qui languissamment s'étire les troncs pensifs et chargés de tes d'années. Aux bords lointains de ce grand jardin de diamants poussés sur les mousses, des échos brisés de clochers s'égarent avec des pensanteurs de prières pour ce passé qui nous désole, et le petit jardin des fleurs blanches, qu'on imagine poussé là comme une offrande de voile   s'ouvre pour libérer le parfum et l'encens tiré quelque peine née d'une autre et d'une autre encore, au fil des songes qu'exhale en nous le linceul épais de ces feuilles endormies sous la surface verte. Mais la vie est là qui te conserve entre ses mains, elle favorise ton passage presque invisible d'âme-prière qui nous quitta, jeune et vieille, dans un moulinet d'épée et de combat comme en livrent les chevaliers, et tout profil de pierre gisant ici a conservé l'arête étincelante de ce visage en mouvement de jeune dieu ou de prince des hasards, qui d'ici s'envola, mystérieux vainqueur de tous les abîmes.

 

 

elevergois - Un manoir en Touraine - prière au coeur de la nuit - tous droits protégés - (à revoir, c'est très moyen et confus) --

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Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /Juil /2009 08:03

C'est une nuit tiède qui s'installe en nous au même instant où elle enveloppe les montagnes de ses grands rideaux dans une douceur de prière murmurée, ces voiles peints à fresque et où la teinte fluide d'un bleu de mer et de brumes se fixe sur les parois de l'ombre comme les revêtements de frises et de rinceaux qui ornent les façades des villas qu'on appelle ici « seigneuriales ». Elle s'insinue aussi dans le coeur de la haute colline de chataigniers et de hêtres qui forme, par son surpomb sur l'eau, ce que Léa appelle le Pain de sucre, éminence qui rappellerait aussi un monticule décorant un paravent chinois. Bientôt viendra la nuit plus profonde, avec les errances de mille récits venus de l'eau, les vents qui écorchent leur soie entre les haies de noisettiers ou de ronces, et l'envers infini de la liberté qu'accordait le jour. Nous serons près des mondes réinventés, des alchimies produisant des nuances de granit estompés ou d'ardoise en poussière, alliées aux autres pollens et senteurs qui répandent ce parfum lourd de fleurs macérées où l'on perçoit l'odeur d'une allée de magnolias, les notes pures du gardenia d'un blanc d'aube avec sa posture vierge et retenue, et aussi une grande vague de senteurs sauvages descendant de la montagne pour rouler jusqu'aux rives. Les fleurs de la nuit sont des pensées incarnées qui vivent leur vie surnaturelle. Elles s'y libèrent pour échanger avec nous des pensées qui naissent sous l'horizon de la conscience, pénétrant juqu'aux profondeurs de l'âme toujours en quête d'un élan vers le mystère des choses nées du monde obscur. L'eau du lac elle-même tout entière abandonnée à son itinéraire nocturne, parle dans ses rêves et nous chante peut-être des bribes de vers descendant des siècles où la poésie n'appartenait qu'aux grands oracles. Cette nuit-là est comme l'univers entier trouvé dans le cône inversé d'un volcan éteint, où tout est cendre brillante de diamants subtils, cendre renaissante du phénix que le soleil a brûlé en nous tout le jour et qui se retransforme en vie de poésie – et nous resterons à l'écoute de tous les chants et murmures sortis des bois, des source, des fontaines aux mélodies rustiques qui s'élèvent avec une voix aigre et pincée, tandis que les deux notes du clavier du village, les battements de nos deux clochers, disent les heures qui passent en posant des jalons fugaces sur la voie lactée. (à refaire....pour l'instant c'est moche comme un brouillon)

 

elevergois - nuits italiennes -- le village de ....une nuit qui efface les douleurs pour y substituer l'écoute des murmures tombés du paradis des vents déposés doucement sur les eaux -- chroniques des lacs -- tous droits déposés -- protégés-- .

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Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /Juil /2009 23:08


elevergois - chroniques des lacs italiens - chroniques des soirs d'été - la joie de ces soirs rythmés par le soufle de la "petite lame" (stendhal) revenant toujours frapper les rives, inlassablement. Calvino disait de la Chartreuse que c'était le roman absolu embrassant tous les autres et les contenant --finalement c'est tout à fait bien vu -- "e il naufragar m'è dolce in questo mare" -Leopardi -
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Jeudi 16 juillet 2009 4 16 /07 /Juil /2009 01:53

Il y a des fragments de poèmes qui pour des raisons mystérieuses nous restent en travers de la mémoire, et il est possible de penser que certaines lignes de certains auteurs continuent de briller en nous malgré les années, l'ennui , l'affaiblissement de la mémoire, les travaux forcés qu' appelle « le travail » comme des morceaux d'épaves encore éclatants de lumière et de couleur, et pas encore recouverts par les algues et le sable. Sans doute le poème tout entier s'est-il ramassé, distillé dans la substance liquide d'un unique vers qui demeure un nectar, un narcotique ou un délicieux poison, car ce qui est beau et emportant contient toujours une part de mystère et d'éloquence qui dérange. Puisque cette nuit nous n'avons pas d'étoiles au-dessus de la tête, regardons dans les bizarres figures du zodiaque poétique pour contempler ce brin d'un joyau, ce filament de topaze en feu, détaché de son corps principal. Le fragment du poème appartient à Luis de Gongora, poète génial et impécunieux du Siècle d'or espagnol, qui a laissé attachée à son nom la funeste réputation du gongorisme, autrement dit la manie du style ampoulé, plein d'hyperboles funambulesque et inutiles. Le fragment dit, si notre mémoire est juste: « La vie est un chevreuil blessé » ou, en langue originale « La vida es un ciervo herido ». L'image s'impose d'elle même avec la magie de l'animal en question, leste, agile, bondissant, décrivant dans un saut la courbe miraculeuse de la vitalité de l'existence, mais...mais il y a aussi « herido ». Notre chevreuil porte dans son flanc une flèche et c'est de cela qu'il doit, comme tout être vivant en ce monde, mourir de sa triste mort. L'image de ce chevreuil incarnant la vie est une ivresse, et cependant cette ivresse porte aussi le trait dont elle périra. Que de fois, en voulant exposer un exemple d'image mobile, d'image de « réverie mouvante » pour marcher sur les traces de Bachelard, n'avons-nous pas cité cette belle phrase du poète espagnol, en la revivant dans toute sa beauté. Et que de fois, en citant et en revivant cette phrase, nous nous sommes laissé aller à sa mélodie, à son éclat, à son triomphe aussi, car en énonçant d'une manière si frappante une réalité de toujours, elle a inscrit à côté du destin, à côté du geste de la Parque, une réalité poétique qui provoque une rêverie. Cette petite phrase pose au-dessus du destin le sien propre, celui de toujours faire la lumière au coeur de ce qui passe pour être la fin de la vie – car elle peut être lue, si l'on ose dire, également à l'envers, au moment où le chevreuil s'élance et où il n'a pas encore reçu la flèche fatale. Au reste, elle ne cesse, et c'est là à notre avis son immense prestige, sa gloire et son honneur, d'être en action, elle vibre et vibre encore de ce qu'elle est, unissant différents mouvements contrariés qui doivent finir en un seul. Au fait, qui nous a dit que ce chevreuil était « bondissant »? personne, et peut-être ne l'est-il pas. Mais la rêverie poétique du mouvement nous l'a fait imaginer ainsi. C'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles ce fragment tiré des Solitudes de Gongora est merveilleux: il vainc d'emblée ce qu'il semble dénoncer comme un malheur, il fait de l'existence une sorte de triomphe quintessencié par un animal devenu pure magie, et cela  par la grâce ineffable de la poésie.

 

 

elevergois -- variations personnelles et musiques en été sous des cieux qu'on aimerait plus purs et plus bleus, mais qu'y verrait-on? puisque c'est la nuit que naissent les figures et les  notes des guitares sous les arbres enivrés de vent . -- tous droits vers la vie en vers, la seule , l'unique.

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